UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE FAMILLES DE TRAUMATISES CRANIENS - U.N.A.F.T.C.
32, rue de la Colonie, 75013 PARIS
Tel: 01.53.80.66.03 - Fax : 01.53.80.66.04 - Contact
accès direct à la page de votre AFTC:
 
BROCHURES HEADWAY - INTRODUCTION
 
Une information claire à disposition des familles :
les brochures HEADWAY.

Fondée il y a une vingtaine d'année, cette association nationale Anglaise a pour but d'apporter aide, services et informations aux traumatisés crâniens, à leurs familles et à tous ceux qui ont des soins à leur prodiguer. 

Vous trouverez ici les traductions de brochures créées par HEADWAY :

 
 
PROBLEMES DE COMMUNICATION APRES UN TRAUMATISME CRANIEN
 
  1. Qu’est-ce que la communication ?

  2. Rupture de la communication après un traumatisme crânien

  3. Anomalies de la parole

  4. Difficultés de compréhension

  5. Difficultés d’expression

  6. Atteinte des capacités intellectuelles

  7. Atteinte des aptitudes non verbales

  8. Problèmes annexes

  9. Conclusion

Cette brochure a été traduite de l’anglais avec l’aimable autorisation de Headway National Injuries Association, Nottingham, Royaume-Uni.

 

QU’EST-CE QUE LA COMMUNICATION ?

La communication peut être définie, de manière très simplifiée, comme la transmission d’informations entre deux ou plusieurs personnes. Comme vous l’aurez compris après avoir lu cette brochure, c’est en fait un processus très complexe.
La communication adopte souvent la forme écrite, mais la plupart du temps, dans la vie quotidienne, les gens se parlent entre eux : en d’autres termes, nous utilisons nos CAPACITES VERBALES. Cela inclut :

  1. le choix des mots, en fonction de la personne à laquelle nous nous adressons ;
  2. la " musique " de notre voix (intonation) ;
  3. la façon dont nous combinons les mots pour leur donner un sens ;
  4. la vitesse à laquelle nous exprimons nos pensées ;
  5. le fait de parler plus ou moins fort.

Dans la conversation, nous sommes peut-être moins conscients du fait que nous utilisons également des CAPACITES NON VERBALES. Par exemple, nous regardons une personne quand elle parle, nous hochons la tête pour acquiescer, nous bougeons nos mains lorsque nous voulons faire la démonstration de quelque chose, ou même, nous nous asseyons à une certaine distance des autres. Cela signifie qu’il existe des " règles " qui contrôlent notre façon d’interagir.

 

RUPTURE DE LA COMMUNICATION APRES UN TRAUMATISME CRANIEN

Immédiatement après un accident, il arrive que la personne victime d’un traumatisme crânien soit inconsciente ou qu’elle semble ne pas s’apercevoir de ce qui passe autour d’elle. Néanmoins, un travail utile peut être fait, à ce stade, pour encourager une réaction. Le personnel soignant ou l’orthophoniste pourra vous conseiller à ce sujet, mais en règle générale, parler à votre ami/parent, lui faire écouter la musique qu’il aime ou tenir sa main sont des gestes qui peuvent l’aider.

Aux premiers stades de sa convalescence, la personne peut être très agitée, voire agressive, mais là encore, un semblant de langage (autres que des plaintes) ou une certaine compréhension est possible. Cette phase n’est généralement pas de longue durée, puis, la communication devient plus aisée, au fur et à mesure que la personne reprend ses esprits. Cette amélioration intervient souvent très rapidement, suite à quoi on s’aperçoit parfois que la personne a des difficultés à comprendre ce qu’on lui dit et/ou à exprimer ce qu’elle veut dire.

Après l’accident, votre parent/ami peut subir une trachéotomie pour l’aider à respirer. La trachéotomie implique que cette personne sera incapable de parler, à moins qu’une " canule parlante " spéciale n’ait été posée. La canule en question n’est généralement pas posée dès que la personne reprend conscience ; on la réserve en principe à un stade ultérieur de la convalescence.

Lorsque la personne blessée reprend conscience, il est aisé de savoir si elle pourrait parler en l’absence de trachéotomie. Si c’est le cas, la " canule parlante " peut être mise en place ou votre parent/ami peut essayer de parler en couvrant du doigt l’orifice du tube. Les suggestions données dans la section relative aux " anomalies de langage " peuvent également vous être utiles.

Cependant, il se peut que votre parent/ami présente des difficultés à s’exprimer, indépendamment de la présence du tube ; dans ce cas, les remarques que vous trouverez dans la section relative aux " difficultés d’expression " peuvent vous aider.

Un peu plus tard, il sera possible de déterminer quels sont les problèmes qui persistent. Alors, une forme d’intervention, éventuellement un traitement orthophonique, peut être nécessaire afin que la personne puisse surmonter ces difficultés. L'étendue des difficultés apparaissant après un traumatisme crânien varie beaucoup d’un individu à un autre, mais il est vrai que même un trouble mineur tend à compromettre la communication avec les autres.

Cette perturbation peut être due à : Conduisant à :

1) un handicap physique des anomalies de la parole

2) une lésion d’une partie du cerveau des difficultés de compréhension  qui gère la parole (le fait de parler) ou le langage (les sons et la signification des mots, et les règles suivant lesquelles les et/ou  mots doivent être ordonnés pour produire des phrases correctes) des difficultés à parler et à trouver les mots que l’on cherche

3) une atteinte cognitive une atteinte des capacités intellectuelles, . ex. problèmes de mémorisation, de concentration ou de raisonnement

4) des lésions étendues du cerveau en une atteinte des capacités non verbales particulier des lobes frontaux, qui jouent un  grand rôle dans notre comportement et notre personnalité

Souvent la victime d’un traumatisme crânien aura subi plus d’un type de handicap, ce qui rend complexes ses  difficultés de communication.

Toutefois, nous allons à présent décrire séparément les problèmes découlant de chaque type de handicap, pour vous aider à les comprendre.

ANOMALIES DE LA PAROLE

Une altération des organes de la voix peut rendre l’expression difficilement compréhensible. Des phénomènes tels qu’une mauvaise articulation, une voix très faible ou une hypernasalité sont fréquents, associés ou apparaissant isolément.

SUGGESTIONS

  1. N’essayez pas de faire semblant de comprendre, si ce n’est pas le cas, cela finirait par créer un sentiment de frustration mutuel.
  2. Demandez à votre parent/ami de répéter encore une fois ce qu’il vient de dire, si cela lui est possible. Néanmoins, ne le laissez pas se débattre seul pour reformuler sa phrase, mais facilitez-lui la tâche en répétant les mots que vous avez déjà saisis.
  3. Demandez-lui de vous donner un mot-clé illustrant le sujet qu’il veut aborder, cela vous mettra au diapason de sa pensée.
  4. Regardez ses lèvres, cela vous aidera à le comprendre.
  5. Efforcez-vous de limiter au maximum tous les autres bruits alentour ; ces derniers ne vous facilitent pas l’écoute et ils vous distraient également au moment même où vous avez besoin de vous concentrer.
  6. Encouragez-le à mimer ce qu’il veut vous dire, ou à l’écrire, si cela lui est possible, au cas où il a du mal à se faire comprendre en parlant.

Parfois, les altérations subies par les organes de la voix ou par les nerfs contrôlant ces organes sont si importantes que le discours de la personne en question devient totalement inintelligible. Dans ce cas, il se pourrait que votre parent/ami puisse bénéficier d’un appareil qui l’aide à communiquer, que ce soit un appareil informatique ou mécanique qui imprime ce que la personne essaie d'exprimer, ou encore un appareil muni d'une voix synthétique. Cependant, un tel appareil ne peut être utile que si la personne est capable de trouver les mots correspondant à sa pensée et n'est donc pas adapté à tous les cas.

Votre orthophoniste vous conseillera pour savoir si oui ou non votre parent/ami pourrait tirer profit de ce type d’appareil.

DIFFICULTES DE COMPREHENSION

Demandez à l’orthophoniste en charge dans quelle mesure votre parent ou ami comprend ce que vous lui dites. Souvent les victimes d’un traumatisme crânien semblent comprendre davantage qu’elles ne le peuvent réellement.

Néanmoins, les problèmes peuvent être tout à fait évidents, en particulier, lorsque la compréhension est gravement atteinte.

SUGGESTION EN CAS DE DIFFICULTES GRAVES

  1. parlez lentement et clairement, mais souvenez-vous que vous vous adressez à un adulte qui souffre d’un handicap, et non à un enfant.
  2. Efforcez-vous d’exprimer votre pensée à l’aide de mots simples.
  3. Ne lui donnez pas trop d’informations à la fois.
  4. Peut-être pouvez-vous accompagner vos paroles d’une mimique gestuelle se rapportant aux personnes, aux objets et aux actions dont vous parlez. (Pensez à quel point cela vous est utile, lorsque vous êtes à l’étranger et ne comprenez pas parfaitement la langue.)

Quand les problèmes de compréhension sont plus légers, la personne qui a subi un traumatisme crânien peut en général faire face aux situations courantes de la vie quotidienne, tout en ayant parfois tendance à interpréter les choses de façon superficielle, ou, en d’autres termes, à prendre ce qu’on lui dit au pied de la lettre. Cela signifie qu’elle ne sera pas en mesure de comprendre les plaisanteries moins évidentes, ni les expressions toutes faites que nous utilisons couramment, telles que " j’arrive ventre à terre " par exemple.

SUGGESTIONS EN CAS DE LEGERES DIFFICULTES

Référez-vous plus loin, au passage, " Prendre les choses au pied de la lettre " figurant au point 6 intitulé " Problèmes annexes "

DIFFICULTES D’EXPRESSION

Tout comme pour les problèmes liés à la compréhension, l’ampleur des difficultés peut être plus ou moins grande.

En cas de problème important, la victime d’un traumatisme crânien peut ne pas être capable d’émettre des mots ayant un sens et n’est donc pas en mesure de nous faire connaître ses besoins ou ses désirs à travers la parole.

SUGGESTIONS EN CAS DE DIFFICULTES GRAVES

  1. Donnez-lui le temps de trouver la façon de vous dire quelque chose.
  2. Vous pouvez lui suggérer l’une ou l’autre idée, car vous avez peut-être à moitié deviné ce que cette personne s’efforce de vous dire.
  3. Demandez-lui de regarder ou de montrer ce qu’elle désire obtenir, si son état le lui permet.
  4. Encouragez-la à s’aider de gestes, si elle le peut.

Lorsque les problèmes sont plus légers, la difficulté la plus courante est de trouver les mots appropriés.

SUGGESTIONS EN CAS DE DIFFICULTES PLUS LEGERES

  1. Ici encore, donnez-lui le temps de s’exprimer.
  2. Vous pouvez suggérer un mot. Si vous vous êtes trompé, et que vous avez proposé plusieurs mots sans succès, votre parent ou ami sera peut-être déçu ou fâché. Dans une telle situation, rassurez-le en lui disant que le mot pourrait bien lui revenir en mémoire, une fois qu’il n’y pensera plus. Efforcez-vous de passer à un autre sujet.

Il résulte des lésions de certaines parties du cerveau que la personne semble tout à fait éveillée et vigilante, mais qu’elle n’essaie pas, ou a peine, de communiquer avec les autres. En vérité, on a alors l’impression qu’il est même égal de ne pas parler, ce qui peut blesser ses proches. Malheureusement, dans les cas plus sérieux, cet état peut persister pendant une durée indéterminée.

SUGGESTIONS

  1. Essayez de ne pas vous décourager si votre parent/ami se montre peu communicatif. Continuez à lui parler de choses qui l’intéressent.
  2. Continuez à parler en l’incluant dans la conversation, lorsque plusieurs personnes sont présentes.
  3. Faire appel à son sens de l’humour peut rendre les choses plus faciles ; vous pouvez le faire rire en disant quelque chose de drôle. Cela présente l’avantage de vous stimuler, tout en aidant votre parent/ami à entendre ou à ressentir à quoi ressemble la faculté d’émettre à nouveau des sons.

Faites-lui écouter de la musique ou des chansons qu’il ou elle aime. Cela pourrait l’amener à émettre quelques sons.

ATTEINTE DES CAPACITES INTELECTUELLES

    P. ex. problèmes de mémoire, de concentration et de raisonnement

    Les problèmes sont beaucoup poins faciles à délimiter lorsque la personne souffre d’une atteinte cognitive. Elle est bel et bien capable de parler et de comprendre, mais dans un tel cas de figure, elle peut avoir autant de difficultés à suivre une conversation et à y participer que la personne qui ne peut ni parler ni comprendre. La raison en est que la mémoire, la concentration, la capacité de raisonner, de penser de manière logique et d’organiser sa pensée ou ses activités peuvent être altérées. Ce type de problèmes se répercutent sur la façon dont l’information est, soit enregistrée, soit fournie dans le cadre d’une conversation.

    SUGGESTIONS

    La plupart des problèmes mentionnés, ainsi que plusieurs suggestions utiles vous sont fournies sous le titre " Problèmes annexes ", car il s’agit de difficultés que rencontrent de nombreuses personnes victimes d’un traumatisme crânien et ne sont pas seulement caractéristiques des personnes souffrant d’une diminution des capacités intellectuelles.

ATTEINTE DES APTITUDES NON VERBALES

Des lésions étendues, en particulier lorsque les lobes frontaux du cerveau sont touchés, se traduisent, ici encore, par des symptômes plus difficiles à cerner. Souvent, ce sont les aptitudes non verbales qui sont affectées. Ici, les troubles qui apparaissent dans l’interaction sont beaucoup plus subtils, mais cependant souvent assez sérieux pour compromettre toute communication.

On peut sentir qu’il y a un problème, en remarquant d’abord que la personne ne nous regarde que rarement quand on lui parle. Il se peut qu’elle réagisse peu au moyen d’acquiescements ou de hochements de tête qui nous montreraient qu’elle suit ou qu’elle approuve nos interventions. Il est également fréquent que la personne nous touche de manière inappropriée ou s’approche de trop près, de sorte que l’on se sent embarrassé et que l’on n’a plus qu’une envie : mettre fin à la conversation et s’en aller !

SUGGESTIONS

  1. Expliquez-lui que lorsqu’elle ne vous regarde pas ou qu’elle vous interrompt quand vous lui parlez, vous avez alors l’impression qu’elle ne s’intéresse pas à ce que vous avez à lui dire. (Souvenez-vous que cela peut être parfois le cas !)
  2. Retirez ses mains si elle continue à vous toucher, en lui expliquant, à nouveau, pourquoi vous n’aimez pas cela.
  3. Dites-lui le malaise que vous ressentez lorsqu’elle s’approche trop près de vous en cours de conversation. Souvent, comme lorsqu’elle nous touche, la victime d’un traumatisme crânien est parfaitement inconsciente de l’effet que provoquent ses actes, à moins qu’on ne l’y rende attentive.

Il se peut que vous soyez obligé de répéter vos explications à plusieurs reprises, en particulier s’il y a un problème de mémoire.

Beaucoup de personnes qui souffrent d’un traumatisme crânien, indépendamment de la gravité des problèmes de communication décrits plus haut, peuvent également rencontrer l’un ou l’autre des problèmes suivants.

PROBLEMES ANNEXES

Frustration

Il est facile de comprendre pourquoi une personne qui ne peut parler ressent un sentiment de frustration, mais les peut-être plus difficile de comprendre les différents degrés de frustration ressentie par la personne qui a subi un traumatisme crânien, mais qui est capable de parler. Souvent, elle a l’impression que ses pensées se déroulent trop lentement dans sa tête, ce qui l’empêche de participer normalement à une discussion. Et il est peut être en effet très décevant d’avoir une opinion intéressante à donner, mais de se rendre compte qu’avant même de pouvoir la formuler, le sujet de la discussion a déjà changé.

SUGGESTIONS

  1. Efforcez-vous d’inclure la personne dans la conversation.
  2. Laissez-lui tout le temps qui lui est nécessaire pour formuler ce qu’elle veut vous dire.
  3. Parfois, la personne est tellement déçue face à ses propres difficulté qu’elle oublie quel était le sujet de la conversation, rappelez-lui gentiment ce dont vous lui parliez.

Saturation

Au cours d’une conversation, le sujet de discussion change fréquemment. Même lorsqu’on ne développe qu’un seul sujet, les différentes opinions avancées représentent au bout du compte une masse d’informations multiples. La personne victime d’un traumatisme crânien peut parfois se sentir submergée ou saturée par toutes ces informations. Elle se heurte à un problème dès que plusieurs personnes parlent en même temps ou lorsque trop d’éléments doivent être assimilés. Cette saturation se traduit fréquemment par une explosion de mauvaise humeur.

SUGGESTIONS

  1. Privilégiez le dialogue ou les conversations en petits groupes de eux à trois personnes au début.
  2. Ne sautez pas d’un sujet à l’autre
  3. Si vous percevez des signes d’agitation de sa part, proposez-lui de vous aider à faire quelque chose de pratique, comme préparer du thé.

N’oubliez pas que le niveau de tolérance de cette personne peut avoir beaucoup diminué ; si des amis passent la voir, arrangez-vous à l’avance pour qu’ils ne restent pas plus d’une heure ou une heure et demi. Une compagnie fréquente, mais à petite dose est ce qui est le mieux adapté à la situation.

Réactions inappropriées

Il arrive que les personnes victimes d’un traumatisme crânien se mettent à rire ou à pleurer à un moment inopportun. En d’autres occasions, elles peuvent se mettre à jurer ou à employer des mots grossiers, ce qui plonge leurs proches dans l’embarras. Surtout lorsque ce type de comportement contraste fortement avec la personne qu’ils connaissaient avant l’accident.

SUGGESTIONS

  1. Des rires ou des pleurs aux moments inopportuns prennent en général rapidement fin quand on fait mine de les ignorer ou si la personne est distraite d’une manière ou d’une autre, en passant par exemple à un autre sujet ou à une nouvelle activité.
  2. Vous pouvez prévenir les amis à l’avance de ce type de réactions imprévisibles, afin que chacun réagisse de la même manière.
  3. Les jurons et comportements grossiers sont plus impressionnants, mais ce genre d’épisode a des chances d’être de courte durée, si toutes les autres personnes présentes demeurent calmes et ne montrent aucune réaction particulière.
  4. Si le comportement persiste, expliquez clairement et calmement à la personne pourquoi vous n’appréciez pas son comportement et ce qu’il provoque en vous. En règle générale, il s’agit d’une phase que traversent de nombreuses personnes ayant subi un traumatisme crânien, qui devient toutefois de plus en plus rare avec le temps.

Parler sans interruption

Lorsque nous sommes entre amis, il nous paraît évident que des pauses ponctuent la conversation et que la parole passe de l’un à l’autre. Souvent, une personne ayant subi un traumatisme crânien voudra dominer la conversation, et n’attendra jamais que les autres aient fini de parler. Elle peut, par exemple, faire obstacle à la discussion en revenant constamment sur le même sujet ou encore en débitant un flot incessant de paroles, sans grand sens. C’est une attitude qui finit par irriter celui qui l’écoute.

SUGGESTIONS

  1. Restez calme, même si vous sentez l’agacement monter en vous !
  2. Expliquez-lui que ce flot de paroles incessant est très fatigant.
  3. Si elle continue, essayez de trouver le calme en allant dans une autre pièce.
  4. Contactez une association de traumatisés crâniens qui vous conseillera pour faire face à ce problème.

Prendre les choses au pied de la lettre

Lorsque nous disons des choses, telles que " je reviens dans deux secondes " ou ça marche comme sur des roulettes ", nous supposons que les autres ne chercheront pas à les interpréter littéralement. Eh bien, c’est justement ce que pourrait faire une personne ayant subi un traumatisme crânien. Pour elle, " deux secondes " signifie exactement deux secondes. Si vous utilisez ce genre d’expressions, il se peut que’ votre parent ou ami en soit troublé, car les événements ne correspondent plus à l’idée qu’il s’en était fait, et qu’il montre son désarroi par la tristesse ou par un geste d’humeur.

SUGGESTIONS

  1. Essayez de ne pas utiliser d’expressions trop idiomatiques, qui peuvent porter à confusion.
  2. Pensez à ce que vous dites et si vous indiquez un laps de temps, respectez-le, sinon votre parent/ami pourrait s’inquiéter ou commencer à s’agiter.

Imagination

Il est possible que la personne victime d’un traumatisme crânien invente des événements ou des personnes. Ces inventions sont parfois représentées de façon si plausible qu’elles apparaissent tout à fait crédibles aux yeux de celui qui connaît moins bien votre parent/ami. Il ne s’agit pas de mensonges délibérés ; cette tendance dépendrait plutôt de problèmes de mémoire

SUGGESTIONS

  1. N’entrez pas dans le jeu d’histoires qui ne correspondent pas à la réalité.
  2. Si vous ne savez pas si quelque chose est vrai ou non, essayez de vérifier auprès de quelqu’un qui pourrait connaître la réponse.
  3. Si votre parent ou ami a les idées trop confuses, essayez gentiment de démêler pour lui le vrai du faux, pour relier le tout à la réalité.

Mémoire

Avoir une mauvaise mémoire signifie que vous oubliez ce que les gens vous disent, mais aussi ce que vous-même avez dit. C’est pourquoi vos propos finissent par être limités, répétitifs et plutôt confus. Il peut être extrêmement pénible, pour les proches, de devoir constamment répondre à une question à laquelle ils ont déjà donné quinze fois une réponse !

SUGGESTIONS

  1. Il est normal de devoir rappeler fréquemment à votre parent/ami des choses dont vous avez déjà discuté.
  2. Ecrire les choses peut être une solution dans certains cas.
  3. Si votre parent ou ami répète constamment la même chose, expliquez-lui calmement qu’il vous l’a déjà dit. Essayez de lui décrire dans quelles circonstances, car cela peut déclencher un déclic dans sa mémoire.

Raisonnement et logique

La discussion ne se milite pas seulement aux moments où l’on débat de sujets importants. La discussion, c’est aussi lorsque nous examinons avec quelqu’un la meilleure façon d’aller quelque part ou de faire quelque chose. Dans ce genre de situation, nous envisageons souvent différentes solutions alternatives, en évaluant à chaque fois les avantages et les inconvénients. La personne qui a subi un traumatisme crânien perd cette capacité et ne peut ordonner sa pensée que dans une seule direction. Cela ne se reflète pas seulement dans sa façon de discuter, mais aussi dans sa façon d’agir, qui peut ne pas être la meilleure à nos yeux.

SUGGESTIONS

  1. Au début, proposez des solutions alternatives à votre parent/ami, car il ne les envisagera pas forcément sans vous.
  2. Peu à peu, à mesure que son état s’améliore, encouragez-le à avoir d’autres idées par lui-même.

Concentration

La plupart des personnes victimes d’un traumatisme crânien souffrent d’une capacité de concentration médiocre. Parler ou écouter la conversation d’autres personnes est très fatigant pour elles, notamment lorsqu’on saute d’un sujet à l’autre.

SUGGESTIONS

  1. Efforcez-vous de garder le même sujet de conversation et veillez à ce que votre parent/ami se soit aperçu que l’on a changé de sujet, une fois le premier thème abandonné.
  2. Veillez à ce que les amis rendent visites en petits groupes.
  3. Veillez à ce qu’aucune source de distraction ne soit présente, telle qu’une télévision allumée en arrière-fond.
  4. Rappelez-vous toujours qu’il peut se fatiguer très rapidement, car se concentrer lui coûte beaucoup d’efforts.

CONCLUSION

Cette brochure a pour but de vous faire comprendre le degré de complexité de la communication, ainsi que les types de difficultés que vous pourriez rencontrer avec votre parent ou votre ami.

Si vous avez accès à un/une orthophoniste, ce dernier ou cette dernière pourra vous conseiller sur les problèmes de votre proche et vous faire des suggestions sur la meilleure façon de les affronter. L’Association des Familles de Traumatisés Crâniens de votre région peut également vous fournir des renseignements utiles. Pour avoir accès à un ou une orthophoniste, il vous suffit d’écrire au service de neuropsychologie de l’hôpital de votre région, ou de vous renseigner auprès des services médico-sociaux. Après un traumatisme crânien, il n’existe pas de traite- ment magique pour résoudre les problèmes de communication, mais certaines mesures peuvent vous aider à améliorer la situation.

 
Tous droits reserves - 2005 - unaftc