UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE FAMILLES DE TRAUMATISES CRANIENS - U.N.A.F.T.C.
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BROCHURES HEADWAY - INTRODUCTION
 
Une information claire à disposition des familles :
les brochures HEADWAY.

Fondée il y a une vingtaine d'année, cette association nationale Anglaise a pour but d'apporter aide, services et informations aux traumatisés crâniens, à leurs familles et à tous ceux qui ont des soins à leur prodiguer. 

Vous trouverez ici les traductions de brochures créées par HEADWAY :

 
TROUBLES DE LA MEMOIRE APRES UN TRAUMATISME CRANIO CEREBRAL
 

Qu’est-ce que la mémoire ?

Amnésie et troubles mnésiques

Lésions cérébrales et troubles de la mémoire

Que peut-on faire pour aider les personnes souffrant de troubles de la mémoire ?

Comment les aider ?

Problèmes spécifiques

A quels problèmes faut-il faire face ?

Exemples de stratégies

Encourager l’utilisation d’une vaste gamme d’outils et de stratégies

Conclusion

QU’EST-CE QUE LA MEMOIRE

La mémoire ne correspond pas à une seule chose ou à une seule capacité en soi. Il s’agit plutôt d’un ensemble d’aptitudes fonctionnant les unes avec les autres. Une distinction fondamentale est souvent faite entre la mémoire à long terme et la mémoire à court terme.

La mémoire à court terme (MCT) est un terme qui porte à confusion car il a une signification différente selon le domaine considéré. Par exemple, pour les psychologues, il s’agit d’une information gardée en réserve pendant quelques secondes. Si vous consultez l’annuaire pour trouver un numéro de téléphone avec lequel vous n’êtes pas familier et que vous composez ce numéro, cela signifie que vous conservez ce numéro dans votre mémoire à court terme jusqu’à ce que vous l’ayez composé, puis vous l’oubliez : il ne sera pas conservé dans votre MCT. Mais malheureusement, d’autres scientifiques parlent également de mémoire à court terme pour désigner une période de temps différente. Pour certains, la mémoire à court terme couvre les dernières minutes, pour d’autres, elle couvre les dernières heures, les derniers jours, les dernières semaines, voire les derniers mois. Pour éviter toute confusion à propos de ce terme et pour les besoins de cette brochure, nous recommandons au lecteur d’utiliser le terme de mémoire immédiate lorsqu’il se réfère aux dernières trente secondes par exemple.

La mémoire à long terme (MLT) peut être considérée comme un ensemble de connaissances mises en réserve pour une durée qui excède celle de la mémoire immédiate. Vu que la MLT a elle aussi différentes significations en fonction du domaine, nous recommandons l’usage des termes suivants :

  1. mémoire de fixation faisant référence aux connaissances/événement/informations se présentant au cours des dernières minutes ;
  2. mémoire récente faisant référence aux connaissances accumulées au cours des derniers jours ou dernières semaines ;
  3. mémoire ancienne faisant référence aux connaissances accumulées au cours des dernières années.

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AMNESIE ET TROUBLES MNESIQUES

L’amnésie signifie littéralement " perte ou absence totale de mémoire ". Dans la pratique, toutefois, personne n’oublie jamais la totalité des choses qu’il a apprises, l’amnésie fait plutôt, dans ce cas, référence au fait qu’une partie du/des système(s) lié(s) à la mémoire fait défaut. Parfois le termes d’amnésie est utilisé pour indiquer n’importe quel trouble de la mémoire. Ailleurs, ce terme peut désigner un problème qui relève purement de la mémoire –lorsque les trouble mnésiques constituent l’unique problème auquel doit face un individu. Une personne souffrant d’amnésie au sens strict du terme présentera les symptômes suivants :

  1. une grande difficulté à apprendre et à se souvenir d’informations de tout type ;
  2. une difficulté à se souvenir d’informations assimilées avant le déclenchement de l’amnésie ;
  3. une mémoire immédiate normale (par exemple la personne est capable de répéter un numéro de téléphone ou une liste succincte de mots, s’il n’y a ni interruption ni distraction) ;
  4. toutes les autres aptitudes intellectuelles (l’attention, le langage, la perception, le raisonnement, le jugement, etc.) demeurent normales ou presque normales.

En réalité, bien sûr, les personnes souffrant uniquement d’un problème de mémoire sont relativement rares. Il est beaucoup plus courant de rencontrer des gens qui présentent un problème associé à d’autres problèmes (tels qu’une capacité de raisonnement ou d’attention réduite), ou pour lesquels les problèmes mnésiques font partie d’un ralentissement général de la pensée ou des autres processus mentaux.

Que le problème relève purement de la mémoire ou non, les personnes souffrant de telles difficultés auront tendance à :

  1. avoir une mémoire immédiate normale ou presque normale (par exemple, elles sont capables de répéter immédiatement un numéro de téléphone) ;
  2. avoir des difficultés à se souvenir de quelque chose, une fois qu’elles ont été interrompues ou distraites ;
  3. avoir des problèmes à apprendre des choses nouvelles ;
  4. mieux se souvenir des choses survenues bien avant leur traumatisme que des choses survenues peu de temps avant ;
  5. mieux se souvenir (habituellement) des choses qu’elles savaient bien faire auparavant ou dont elles avaient une longue pratique (par exemple, jouer du piano, nager ou conduire) ;
  6. être aidées par des indices (par exemple, retrouver plus facilement le nom de quelqu’un si on leur en donne la première lettre)

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LESIONS CEREBRALES ET TROUBLES DE LA MEMOIRE

La mémoire est facilement affectée par une atteinte cérébrale, car elle dépend de plusieurs structures du cerveau, qui entravent le fonctionnement de la mémoire lorsqu’elles sont endommagées. Se souvenir de quelque chose implique que l’on soit capable d’enregistrer des informations et de les stocker de manière à y avoir accès au moment où l’on a besoin d’elles. C’est pourquoi une lésion des parties du cerveau qui commandent ces fonctions peut provoquer un mauvais fonctionnement de la mémoire.

On entend parfois dire que les personnes qui ont des problèmes de mémoire ne parviennent pas à se souvenir à cause d’un choc ou traumatisme émotionnel. En d’autres termes, elles se protégeraient d’un choc émotionnel et pourraient être guéries par un traitement d’hypnose ou d’une psychothérapie, voire par un nouveau choc. S’il est possible que certaines personnes deviennent amnésiques pour des raisons amnésiques pour des raisons " psychologiques " (comme semblent le suggérer nombre de films, pièces de théâtre et d’autres œuvres de fiction), le fait est que telles circonstances sont rares dans la vie réelle. Pour la grande majorité des personnes souffrant de problèmes mnésiques, les causes de leurs difficultés sont d’ordre organique : ce n’est pas qu’elles ne veulent pas se souvenir, elles ne le peuvent pas.

QUE PEUT-ON FAIRE POUR AIDER LES PERSONNES SOUFFRANT DE TROUBLES DE LA MEMOIRE ?

Les victimes de traumatismes crâniens mettent souvent longtemps à se rétablir, leurs problèmes de mémoire peuvent donc également diminuer avec le temps. Il faut dire clairement, toutefois, qu’aucune formule magique (médicament ou traitement) n’existe à ce jour qui puisse faire retrouver la mémoire à quelqu’un ou rééduquer une mémoire lacunaire suite à une lésion cérébrale. Néanmoins, il est possible d’agir à plusieurs niveaux pour l’aider.

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COMMENT LES AIDER ?

1- Enregistrer l’information :

si l’on veut se souvenir efficacement d’une information, il faut d’abord l’enregistrer de façon pertinente. Certaines personnes ayant subi un traumatisme crânien ont des difficultés à interpréter correctement les informations qui leur sont données. Parfois, elles souffrent de problèmes relevant du langage ou de la perception, ce qui fait que l’information est déformée dès le départ ; il arrive que trop d’informations soient données à la fois ou que l’information en question soit trop compliquée. Voici quelques règles à suivre, afin d’éviter ce genre de situation :

  1. Simplifiez l’information dont la personne qui a subi un traumatisme crânien doit se souvenir. Cette règle vaut surtout pour tous les textes écrits. Par exemple, cela ne l’aidera pas vraiment si l’on écrit à son intention, sur un appareil qu’elle utilise souvent et dont il faut changer fréquemment les piles " Insérer deux piles R6 en vérifiant leur polarité respective ". Si les instructions disaient " Mettre deux piles R6, plus contre plus et moins contre moins ", celles-ci pourraient être mieux assimilées.
  2. Réduisez le nombre d’informations à mettre en mémoire (par exemple en demandant à la personne de retenir une chose au lieu de trois).
  3. Assurez-vous que la personne a compris l’information en lui demandant de la répéter ou de la reformuler avec ses propres mots.
  4. Essayez d’amer la personne à relier l’information à quelque chose qu’elle connaît déjà, en créant des associations d’idées. Par exemple, elle se souviendra mieux du nom d’un thérapeute, s’il est associé à un parent ou un acteur du même nom.
  5. A chaque fois que vous aidez une personne victime d’un traumatisme crânien à retenir quelque chose, adoptez la méthode du " peu, mais souvent ". En général, il vaut mieux travailler plusieurs fois par jour, pendant quelques minutes qu’une seule fois, pendant une heure.
  6. Si possible, encouragez la personne à organiser l’information dont elle doit se souvenir. On sait par exemple que les gens se souviennent mieux d’une liste de courses à faire, lorsque les différents articles sont regroupés en catégories, en énumérant tous les légumes ensemble et les produits de nettoyage ensemble, plutôt qu’en inscrivant simplement les articles les uns derrière les autres, au hasard.
  1. Stocker l’information : la plupart des gens tendent à oublier rapidement les nouvelles informations reçues au cours des premiers jours qui suivent l’accident, mais par la suite la fréquence des oublis va en diminuant. Le même processus d’amélioration peut être observé pour les personnes souffrant de problèmes de mémorisation, mais il faut rappeler que dans leur cas, peu d’informations sont mises en réserve au départ. Toutefois, de même que l’on peut aider quelqu’un à enregistrer l’information, il est possible de l’aider à la conserver, en encourageant la personne à répéter l’information à intervalles réguliers ou en la testant de temps en temps. La meilleure façon de procéder consiste à tester la personne immédiatement après que l’information ait été donnée – qu’elle ait été vue ou entendue – avant de la tester à nouveau un peu plus tard, et à nouveau encore au terme d’une période un peu plus longue. Puis, il faut continuer en prolongeant peu à peu les intervalles. Une telle pratique conduit d’habitude la personne à mieux se souvenir des informations.
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  2. Récupérer l’information : parfois, même si l’on a appris quelque chose, il nous est impossible de récupérer ces connaissances au moment voulu. C’est encore plus souvent le cas pour les personnes souffrant de troubles de la mémoire ; mais si l’on parvient à les mettre sur la voie en leur fournissant un indice ou une indication, il se peut qu’elles soient alors en mesure de retrouver l’élément recherché. En leur donnant par exemple la première lettre du nom d’une personne, elles pourront peut-être se souvenir du nom complet. Chacun de nous s’est sans doute heurté à la difficulté de mettre un nom sur un visage qui nous est pourtant familier. C’est surtout le cas quand la personne en question a été vue initialement dans un contexte totalement différent. Il est plus facile pour tout le monde de se souvenir de ce que l’on a appris, si les circonstances sont identiques à celles de l’apprentissage. Dans le cas des personnes souffrant de problèmes mnésiques, il est vrai que ces dernières se souviendront plus facilement de quelque chose si elles se trouvent dans la même pièce et avec les mêmes personnes qu’au moment où elles ont appris ou ont été confrontées à la chose en question pour la première fois.

Il en découle qu’à chaque fois que nous essayons de faire retenir une information à une personne qui présente des problèmes de mémoire, on doit s’attacher à ce qu’elle puisse se souvenir de celle-ci dans des situations et cadres différents. Notre but doit être d’encourager l’apprentissage dans les circonstances les plus variées possibles de la vie quotidienne. Apprendre ne doit pas être un acte réservé à l’école ou à une séance de rééducation à l’hôpital.

Notre humeur ou notre état d’esprit peut également influencer notre capacité à nous souvenir de quelque chose. Ce que nous avons appris dans des moments de tristesse ou de joie nous reviendra plus facilement en mémoire, quand l’émotion d’origine est reproduite. C’est pourquoi, en essayant d’apprendre quelque chose à quelqu’un qui présente des problèmes de mémoire, il faudrait le faire dans différents contextes émotionnels.

Les indices et autres indications destinés à mettre la personne sur la voie sont utiles et il est bon d’y recourir de temps en temps, en livrant la première lettre, le premier son ou une partie du mot recherché pour permettre à la personne de se souvenir de l’information qu’elle recherche. Dans certains cas, on peut également l’aider en passant en revue les lettres de l’alphabet (exemple : " le nom de cette personne commence-t-il par A…B…C… ? "etc.) De la même manière, lorsqu’une personne ne se rappelle pas où elle a mis quelque chose, il est bon de lui suggérer de se demander à quel moment elle a eu l’objet entre les mains pour la dernière fois pour qu’elle s’efforce ensuite de se remémorer les gestes qui ont suivi. Ainsi, elle aura plus de chances de se souvenir de l’endroit où elle a laissé l’objet.

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PROBLEMES SPECIFIQUES

Il est parfois possible d’identifier les problèmes particuliers que la personne rencontre de manière répétée. Souvent les parents et personnes concernées citent les difficultés suivantes :

1 - Oublie ce qui vient d’être dit.

2 – A des difficultés à acquérir une nouvelle aptitude.

3 – Répète sans arrête la même question.

4 – Raconte sans arrêt la même histoire ou la même plaisanterie.

5 – A du mal à suivre une émission télévisée.

6 – Oublie le nom des gens.

7 – Mélange certains détails.

8 – Oublie une modification de la routine quotidienne.

9 Oublie où sont posées les choses.

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A QUELS PROBLEMES FAUT-IL FAIRE FACE ?

Les problèmes qui provoquent le plus d’angoisse doivent être identifiés en premier lieu. Pour commencer, il est possible de tenir un journal personnel pendant une ou deux semaines. Examinez ensuite toutes les défaillances de la mémoire et déterminez celles qui surviennent le plus fréquemment. Si votre proche suit une thérapie suite au traumatisme crânien qu’i a subi, vous pouvez discuter avec l’un ou l’autre des thérapeutes (kinésithérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, ergothérapeutes). Ces derniers pourraient être en mesure de vous fournir des indications précieuses basées sur leurs propres constatations.

Décider quels problèmes devra être affronté en premier lieu dépendra des aspects suivants :

1 – Les projets d’avenir de la personne (par exemple quelqu’un qui n’aura qu’une activité occupationnelle n’a pas les mêmes besoins que celui qui compte retourner à l’université).

2 – Les observations faites par les parents, les professionnels et les amis.

3 – Les désirs de la personne atteinte de troubles de la mémoire elle-même (même si la prudence s’impose à cet égard, car la personne victime de troubles de la mémoire pourrait avoir une vision peu réaliste de la gravité de ses problèmes et des objectifs réalisables, voire nier carrément l’existence d’un problème).

Décider du nombre de problèmes auxquels on devra s’atteler en premier dépendra de plusieurs facteurs, tels que la gravité des autres difficultés intellectuelles, le niveau de lucidité et de motivation de la personne souffrant du traumatisme crânien, ainsi que du temps dont disposent les proches.

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EXEMPLES DE STRATEGIES

  1. Aménagement du cadre de vie : l’une des façons les plus simples d’aider quelqu’un atteint de troubles de la mémoire consiste à aménager son environnement de manière à ce qu’il ait moins à compter sur sa mémoire. Les exemples vont de la mise en place d’inscriptions sur les portes, destinées à aider la personne qui n’arrive pas à se souvenir de l’emplacement des différentes chambres, de la pose d’étiquettes sur les tiroirs d’une cuisine ou de noms sur les lits d’un hôpital, au tracé de lignes ou de flèches pour indiquer comment se diriger dans un immeuble, en passant par la mise en évidence d’objets de telle façon qu’ils ne peuvent manquer d’être vus (par exemple en accrochant la clé de la porte d’entrée à sa ceinture). Il est par ailleurs possible de choisir la formulation de nos phrases ou de nos remarques, afin d’éviter des réponses irritantes prévisibles. A citer, par exemple, le cas d’un jeune qui répondait invariablement " Prêt, enthousiaste et invalide " à chaque qu’on lui demandait s’il était prêt. Amusante au début, cette réponse finissait par lasser à force de répétitions. Alors, on a choisi de ne plus lui demander s’il était prêt.
  2. Supports matériels : chacun de nous utilise un support matériel à un moment ou à un autre. Il peut s’agir de journaux personnels, d’agendas, de listes, de réveils, de montres, de tableaux muraux, de calendriers ou de magnétophones. Certaines personnes présentant des troubles de la mémoire protesteront face à ces supports matériels, affirmant qu’elles ne veulent pas devenir dépendantes de ces derniers ou que c’est à leur mémoire de travailler. Une telle résistance devrait être contrée, car il est essentiel d’exploiter toutes les possibilités de soutenir la mémoire. Il peut être utile de relever que tout le monde fait usage de tels supports matériels, y compris les personnes qui ont une bonne mémoire, et qu’il n’a jamais été démontré que de tels outils empêchent ou ralentissent la récupération d’une mémoire efficace. L’inverse serait en fait plus proche de la réalité.

L’utilisation d’une vaste gamme de supports devrait être favorisée dans un premier temps, jusqu’à ce qu’une sélection s’effectue, la plus adaptée à l’individu en question. Trois exemples de la façon dont les supports matériels ont été utiles sont exposés ci-dessous :

Tout d’abord, une femme qui ne parvenait pas à trouver son chemin à travers un centre de rééducation dictait les différentes directions à prendre sur un magnétophone qu’elle n’avait plus qu’à écouter pour trouver le service ou l’unité thérapeutique désirée. Ailleurs, un homme qui errait souvent à l’extérieur de l’hôpital a été équipé d’un bip, fixé à son poignet, qui se mettait à sonner à chaque fois qu’il dépassait un certain périmètre, alertant le personnel que l’homme quittait l’hôpital. Initialement introduit pour faciliter la tâche du personnel médical, le bip a fini par fonctionner comme un pense-bête au profit du patient qui, prévenu par le bip, faisait demi-tour. Dans un troisième cas, un jeune homme s’est vu équipé d’un réveil et d’un agenda. Auparavant, il aurait oublié de consulter son agenda, alors qu’avec l’alarme, il se voyait rappelé qu’il devait le faire immédiatement.

 

3 – Procédés mnémotechniques : ils reposent sur des supports verbaux et visuels qui facilitent l’apprentissage. Il s’agit par exemple de dictons, d’adages, de rimes ou de dessins servant de béquilles à la mémoire et permettant de se souvenir plus facilement de certaines choses. La plupart des gens recourent à ces procédés à un moment ou à un autre de leur vie. A titre d’exemple, chacun de nous a récité maintes fois " bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou " à la suite, pour se souvenir que ces mots prennent un x au pluriel. Certains ont retenu " mais où est donc or ni car " pour distinguer les conjonctions. Un procédé mnémotechnique peut être utilisé par les personnes ayant des problèmes de mémoire, en vue d’assimiler de nouvelles informations. Mais il ne serait pas réaliste de penser que les personnes qui ont des troubles de la mémoire ont spontanément recours à ce genre de procédé de leur propre initiative. Voici quelques principes qui peuvent être utiles aux proches, ainsi qu’à tous ceux s’occupant d’une personne qui a des troubles mnésiques.

  1. Ayez recours à des procédés mnémotechniques pour enseigner de nouveaux éléments d’information, tels que le nom de certaines personnes ou une nouvelle adresse.
  2. Le fait d’exploiter ensemble deux ou trois stratégies différentes facilite souvent l’assimilation d’une nouvelle information. Si vous voulez enseigner à la personne victime d’un traumatisme crânien dont vous vous occupez comment se rendre chez le boulanger du coin, vous pouvez (a) lui dessiner un plan, (b) décrire le chemin verbalement et (c) accompagner cette personne le long du chemin.
  3. Une seule information nouvelle à la fois devrait enseignée (par exemple, n’enseignez qu’un seul nom, pas plusieurs à la suite).
  4. Tenez compte des styles et préférences individuels. Une même stratégie ne sera pas appréciée de la même manière par tous.
  5. Ayez des objectifs réalistes et concentrez-vous donc sur les informations que la personne souffrante désire apprendre.

 

4 – Méthode de répétition : dans la plupart des cas, il n sert à rien de passer en revue encore et encore les mêmes informations. C’est ce que vous faites de et avec la matière d’enseignement qui va aider la personne à l’assimiler. Une chaîne de radio pourrait diffuser à longueur de journée sa nouvelle fréquence que la plupart des gens ne l’auraient pas mémorisée. Vous obtiendrez donc de meilleurs résultats en adoptant une autre stratégie que celle de la répétition.

5 – Jeux et exercices de mémorisation : ici encore, il n’y a aucune preuve que les jeux ou exercices de mémorisation contribuent à améliorer la mémoire. Ces derniers ne seront bien sûrs pas nocifs, pour autant qu’ils soient organisés avec bon sens et dans la bonne humeur, mais ne vous attendez pas à ce qu’ils produisent de grandes améliorations au niveau des capacités de mémorisation de la personne concernée. Cependant, de tels jeux et exercices peuvent aider une personne présentant un léger problème à prendre conscience de l’existence de ce dernier.

6 – Thérapie basée sur les réminiscences : cette méthode consiste à rappeler aux personnes souffrant de troubles de la mémoire des événements et périodes passées de leur vie. Cette technique est habituellement adoptée pour les personnes plus âgées et se voit plutôt appliquée dans le cadre de séances de groupe. De vieilles chansons, des photographies et des costumes de l’époque de leur jeunesse peuvent être montrés et les souvenirs évoqués à la vue de ces objets peuvent être ainsi partagés. Jusqu’ici, l’expérience n’a pas été faite avec les personnes souffrant de traumatisme crânien, mais cette pratique pourrait être utile en présence d’amnésie portant sur plusieurs années antérieures à l’accident. Les chansons, les albums, les photos datant de cette période peuvent aider certains souvenirs à refaire surface.

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ENCOURAGER L’UTILISATION D’UNE VASTE GAMME D’OUTILS ET DE STRATEGIES

Si nous pouvons offrir certains outils ou certaines stratégies à la personne qui présente des problèmes de mémorisation, nous ne pouvons garantir que cette dernière les utilisera. Par ailleurs, la personne peut avoir recours à telle stratégie dans une circonstance donnée, mais pas dans une autre, tout comme elle pourra résoudre un problème donné et pas un autre. Par exemple, il se pourrait qu’un agenda soit utilisé dans le cadre d’une occupation professionnelle et pas à la maison. Dans ce cas, nous devrions nous efforcer d’enseigner l’utilisation de tel ou tel accessoire dans différents cadres et en diverses circonstances. Il nous faut également solliciter d’autres personnes pour qu’elles encouragent aussi la personne souffrante à recourir à tel instrument ou à telle stratégie.

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CONCLUSION

Bien que nous ayons présenté à la fois des principes généraux et des techniques spécifiques pour venir en aide à la personne qui souffre de troubles de la mémoire, il nous faut reconnaître que l’approche introduite ici ne représente pas un traitement proprement dit, susceptible de faire disparaître les problèmes de cette personne.

Néanmoins, ces procédés peuvent contribuer à réduire l’ampleur des difficultés rencontrées. Il convient d’aider la personne concernée à adopter, petit à petit, les méthodes exposées dans cette brochure et d’éviter les objectifs vagues et peu réalistes.

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