" J’avais huit ans quand ma mère a subi un traumatisme cranien. Cette période a été chargée de confusion et de détresse et, même si j’avais autour de moi une famille fantastique et des amis sur qui compter pour me soutenir, je n’ai jamais compris le traumatisme de ma mère, ni les changements qui devaient en découler dans ma vie et au sein de notre famille. C’est pourquoi cette brochure a été créée pour toi. Pour qu’elle t’aide à trouver quelques réponses aux questions que tu te poses.
Il ne faut pas lire cette brochure en une fois. Il convient plutôt de lire chaque section, l’une après l’autre, au moment où tu en ressens le besoin. Si tu as des frères et sœurs plus jeunes que toi, tu peux leur lire la brochure à haute voix. Ils sont sûrement aussi troublés que toi et, en lisant cette brochure, vous pouvez vous aider mutuellement à comprendre et à surmonter certains problèmes que chacun de vous peut rencontrer.
La chose la plus importante, qu’il ne faut pas oublier, est le fait que, même si un membre de la famille a subi un traumatisme crânien, cela ne veut pas dire que vous ne pourrez plus jamais être une famille heureuse. En tant que famille, vous allez tous travailler ensemble, comme une équipe, et vous allez peut-être découvrir que le fait d’avoir un parent victime d’un traumatisme crânien peut contribuer à ce que tous les membres de la famille se rapprochent les uns des autres en renforçant leurs liens. J’espère que cette brochure t’aidera à comprendre les changements et les expériences nouvelles que tu vas rencontrer. "
Charlotte Sawbridge
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| Mon papa a eu un traumatisme cranio-cérébral |
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par KATE FIELD |
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Quelques années après le traumatisme crânien de sa mère, Charlotte a écrit à une association de traumatisés crâniens proche de chez elle pour leur demander d’écrire un livre à l’intention d’enfants dans la même situation qu’elle. Elle a fait des propositions très pratiques, dont la plupart ont été retenues lors de la rédaction de cette brochure qui est destinée aux adolescents et à tous les enfants en âge de comprendre son contenu. Le mari de l’auteur, Katie Field, a subi un traumatisme crânien en 1985. Ils ont deux jeunes enfants Katie et Chris Field sont membres de l’association anglaise HEADWAY.
Dès lors que quelqu’un est victime d’un traumatisme crânien, tous ceux qui aiment cette personne et vivent avec elle sont affectés par la situation, pendant longtemps. Cette brochure a pour but de t’aider à comprendre ce qu’avoir un traumatisme crânien veut dire et ce à quoi tu peux t’attendre si un membre de ta famille a récemment subi un tel traumatisme. La brochure propose aussi certaines mesures à prendre pour t’adapter au handicap de ton parent et à la vie qui sera la tienne pendant quelque temps. Elle a été écrite par une association d’entraide dont le but est d’aider les personnes victimes d’un traumatisme crânien, ainsi que leur famille. |
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Tu peux contacter cette association, qui sera heureuse de t’apporter son aide ou ses conseils. Son adresse est indiquée à la fin de la brochure.
C’est triste à dire, mais les traumatisés crâniens sont beaucoup plus courants qu’on ne le pense en général.
En France, chaque année 160 000 personnes subissent un traumatisme crânien et 4000 d’entre elles vont garder des séquelles graves qui vont affecter tout le reste de leur vie en les rendant dépendantes des autres.
Les accidents de la route sont la cause la plus fréquente des traumatismes crâniens, mais un nombre important de traumatismes est aussi provoqué par les chutes accidentelles, les accidents de sports et les agressions. La plupart des personnes victimes d’un traumatisme crânien sont âgées de 18 à 35 ans et, parmi ces victimes, les hommes sont trois à quatre fois plus nombreux que le femmes. C’est pourquoi nous parlons de ton père, dans cette brochure. Cela ne veut pas dire que les mères ne subissent jamais de traumatisme de ce type, mais cela arrive le plus souvent aux pères. Pourtant, il est évident que tout ce qui est dit ici peut s’appliquer aussi bien à une mère.
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| LE CERVEAU |
| Le cerveau qui se trouve dans la tête de chacun de nous représente la plus importante de notre corps. C’est lui qui permet de penser et de raisonner. C’est encore lui qui commande toutes nos actions physiques, lorsque nous marchons, lorsque nous parlons, lorsque nous mangeons ou même lorsque nous respirons. Pour nous, le bon fonctionnement du cerveau va de soi et nous avons tendance à croire qu’il sert simplement à nous rendre intelligents. Le cerveau est beaucoup plus que cela. Imagine-le comme un centre de contrôle et de commande personnel, que l’on utilise cependant sans y penser, sauf quand on doit faire de grands efforts de concentration, à l’école par exemple. On dit souvent du cerveau qu’il est beaucoup plus compliqué que l’ordinateur le plus perfectionné du monde. Ainsi, tu commences peut-être à comprendre pourquoi les conséquences peuvent être si terribles, au cas où le cerveau est endommagé.
Un cerveau humain adulte a environ la même taille et la même forme qu’un chou-fleur. Sous le crâne, le cerveau est recouvert de trois couches protectrices appelées les méninges. En les retirant, on peut voir le cerveau qui a un aspect moelleux et gélatineux, et qui est de couleur blanc rosâtre. Sa surface est striée, un peu comme celle d’une noix et est recouverte de vaisseaux sanguins (veines) qui l’approvisionnent en oxygène. La plus grande partie du cerveau, l’encéphale, est divisée en deux " hémisphères " - la partie droite et la partie gauche. Les médecins ont découvert que l’hémisphère gauche commande notre compréhension des mots et des chiffres, tandis que le côté droit serait chargé de diriger nos activités créatrices, comme la musique ou l’art. Sous l’encéphale se trouve le cervelet qui contrôle les muscles de notre corps. Le tout est relié au bulbe rachidien, qui contrôle notre respiration, les battements de notre cœur et notre pression sanguine. Le bulbe rachidien ressemble un peu à un câble de téléphone central, avec un nombre infini de nerfs, comme des fils, qui le traversent de part en part et transportent des messages de chaque partie du cerveau à travers notre corps, avant de les renvoyer vers le cerveau. Le cerveau compte plus de 14 milliards de cellules ou neurones, qui échangent des messages d’une façon si complexe que les médecins et les chercheurs n’ont pas encore complètement compris comment. Il est donc facile de comprendre pourquoi tant de choses peuvent ne plus fonctionner correctement dès qu’une parcelle du cerveau est endommagée. Un chirurgien ne peut remédier à un tel dommage. En fait, tout " rafistolage " au niveau du cerveau risquerait d’aggraver encore les choses.
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Cervelet: zone de travail qui contrôle la coordination des muscles et l'équilibre.
Encéphale : La plus grande partie du cerveau; contrôle les processus de la pensée (comme la mémoire ou la capacité d'apprendre) et les fonctions motrices (comme la marche). Fluide cérébro-spinal : fluide clair qui entoure le cerveau; remplit aussi les espaces vides du cerveau.
Crâne : Os du crâne qui renferme complètement du cerveau.
Tronc cérébral: contrôle la conscience, la respiration et d'autres fonctions importantes.
Moelle épinière : relie le cerveau au corps et transmet les messages de l'un à l'autre. |
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A quoi ressemble concrètement
un traumatisme crânien ? |
La plupart des personnes qui ont un accident sont immédiatement pris en charge par une équipe de médecins qui s’occupent des cas d’accidents et des blessés graves. Toute blessure grave ou à la tête sera refermée avec des points de suture qui seront enlevés par la suite. Si ton papa est inconscient, il sera emmené soit en salle de réanimation, soit dans un service de soins intensifs. Tant qu’il restera inconscient, il se trouvera dans un lit, protégé sur les côtés, comme un berceau. Ce sont les infirmières qui se chargeront de le tourner régulièrement. S’il est agité, il sera peut-être placé sur un matelas spécial, à même le sol, pour éviter qu’il ne tombe du lit. Si tu as peur de le voir dans cet état, demande à quelqu’un qui l’a déjà vu de t’expliquer ce à quoi tu dois exactement t’attendre. |
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L’hôpital
Si tu n’as encore jamais été dans un hôpital, tu verras qu’il s’agit d’un endroit plein de va-et-vient et qui déborde d’activité. Si ton papa a été directement emmené dans une chambre d’hôpital normale, tu seras peut-être étonné de voir à quel point les infirmières semblent décontractées et insouciantes. Il se peut que tu sois irrité de voir le personnel soignant bavarder et plaisanter, alors que ton papa est si mal en point et que ta famille s’inquiète tant. Rappelle toi que la vie continue comme avant pour les autres. Par la suite, tu remarqueras quels malades, dans le même service, se rétablissent peu à peu. Peut-être auras-tu envie de les aborder ou de parler avec certains membres de leur famille. Ces personnes pourraient comprendre mieux que d’autres ce qui t’arrive, par exemple si elles ont vécu les mêmes expériences que toi, et il te sera peut-être plus facile de leur parler. |
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Les soins intensifs – ça ressemble à quoi ? Un service de soins intensifs est complètement différent d’une chambre d’hôpital normale. D’habitude, les patients qui s’y trouvent ont besoin de soins tout au long de la journée de la part des infirmières et des médecins. Le patient a une petite équipe d’infirmières qui veillent sur lui. Elles surveillent la façon dont le malade réagit au traitement, en vérifiant ses pulsations cardiaques ou sa température, par exemple, tous les quarts d’heure.
Souvent, les enfants ne sont pas encouragés à se rendre dans un service de soins intensifs. Il peut en effet être bouleversant de voir quelqu’un qu’on aime vraiment changé. Mais si tu veux constater par toi-même ce qui arrive à ton papa, demande à une infirmière si tu peux aller le voir un court instant. Tu seras peut-être rassuré de voir qu’il respire et qu’il est réellement bien vivant.
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Le coma
Si quelqu’un est inconscient après un traumatisme crânien, on entend souvent utiliser le mot coma. Si ton père est dans le coma, il se trouve alors certainement dans un service de soins intensifs, allongé dans un lit, avec les yeux fermés. A première vue, il aura peut-être l’air d’être plus mort que vivant. Il ne pourra pas te regarder, ni te montrer qu’il se rend compte que tu es près de lui. Mais si tu touches sa peau, tu verras qu’elle est chaude et, en regardant bien, tu verras comme sa poitrine se soulève et retombe, en suivant le rythme de sa respiration. Il se peut qu’il soit agité, qu’il remue dans son lit d’un côté à l’autre, tout en restant plongé, sans s’apercevoir de ce qui arrive autour de lui. Il n’existe aucun traitement ni médicament qui puisse faire sortir quelqu’un du coma. C’est seulement le temps et la gravité des lésions au cerveau qui décideront s’il pourra se rétablir, s’il pourra à nouveau parler ou se lever. Certains médecins pensent qu’il est important que la famille rende visite au patient et soi proche de lui dans ces moments-là, mais c’est à toi de voir ce que tu te sens capable de faire et ce que tu ne peux pas supporter. |
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Pourquoi est-il relié à tous ces tuyaux ? Si ton père ne peut pas respirer par lui-même, une machine qu’on nomme poumon artificiel (ou une machine à respiration artificielle) se charge de respirer à sa place. La machine pompe l’air en le faisant entrer et sortir des poumons, à travers un tube qui passe dans la bouche et traverse la gorge. Parfois les chirurgiens décident de ne pas passer par la bouche, mais d’installer le tuyau directement au bas de la gorge, dans la " trachée ". Cette opération s’appelle une trachéotomie. C’est plutôt désagréable à voir, mais ce tube ne va pas rester tout le temps, il sera retiré dès que ton papa pourra de nouveau respirer par le nez.
Tu verras peut-être un autre tube, qui s’appelle le goutte-à-goutte qui sert à donner à ton papa la nourriture dont il a besoin sous forme de liquide, et qui pend à côté du lit ; le liquide ressemble un peu à de l’eau et est envoyé dans le corps à travers un petit tube placé dans son bras. Là aussi, cet instrument est nécessaire tant que ton papa ne peut manger et boire normalement.
A l’hôpital, quand quelqu’un est inconscient, après un accident ou une opération, une sonde urinaire est généralement utilisée. Ce petit tube, introduit à l’intérieur de l’urètre d’une femme ou du pénis d’un homme, transporte l’urine jusqu’à un petit sac qui pend le long du lit, que l’infirmière vide à chaque fois qu’il est plein. Comme pour les autres tubes, celui-ci reste en place tant que le patient est encore inconscient et jusqu’à ce qu’il puisse contrôler sa vessie.
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A quoi sert de rendre visite à papa, s’il ne se rend pas compte que je suis là ? Voir quelqu’un que tu aimes, couché dans un lit d’hôpital, relié à des machines et incapable de parler va forcément t’impressionner énormément. Cela va peut-être te donner un choc et personne ne peut faire grand-chose pour te préparer à cette situation. Certains parents pensent qu’il faut absolument empêcher les enfants de voir quelqu’un dans un tel état. Mais d’autres parents pensent que si la vie d’un papa est en danger, son enfant devrait lui rendre visite.
Il faut se souvenir d’une chose très importante : personne ne sait avec certitude si la personne dans le coma se rend compte ou non qu’on est près d’elle. Alors, ne sois pas gêné de rester assis, à côté du lit de ton papa, simplement sans rien dire si tu ne sais pas quoi lui dire, tu peux essayer de lui lire quelque chose. Fais comme tu le préfères. Mais au moins, en restant près de lui et en tenant sa main pendant cinq minutes, tu auras fait de ton mieux pour établir le contact. Tu pourrais te sentir mieux après cela.
Les infirmières te demanderont peut-être si ton papa a une cassette ou une émission de radio préférée qu’elles peuvent faire jouer quand tu n’es pas là. Il pourrait être capable de l’entendre. Mais essaie de te dire que cela ne suffira pas à améliorer son état, pas plus qu’à faire en sorte qu’il retrouve la conscience. Ce genre de traitement miracle semble fonctionner uniquement dans les films. |
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Quand est-ce qu’il ira mieux ? Il est normal que tu aies envie de savoir exactement ce que l’avenir réserve à ton papa. Il est aussi normal de te sentir déçu si personne ne peut te donner une réponse claire. Si les médecins ont l’air si peu sûrs de leur réponse, c’est que le cerveau est si compliqué. Chaque personne réagit différemment après un traumatisme crânien . Personne ne peut être certain de l’issue finale. Le rétablissement dépend de nombreuses choses, comme par exemple de la gravité des lésions et de l’effet du choc à l’intérieur du cerveau. La durée pendant laquelle ton papa reste dans le coma et la façon dont il réagit au traitement, une fois sorti du coma, sont aussi des points importants. Certaines personnes se rétablissent très rapidement alors que d’autres mettent des mois avant de pouvoir réapprendre à nouveau parfois avant d’être en mesure de marcher à nouveau. La plupart des personnes victimes d’un traumatisme crânien continuent à faire de lents progrès, pendant des mois, et même des années. Cela peut vouloir dire que, petit à petit, ces personnes iront mieux par rapport à leur été actuel. Certaines personnes ne redeviennent jamais comme avant l’accident. Tout dépend des parties du cerveau endommagées, de l’accident et de la gravité des lésions. |
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Du service de soins intensifs à la chambre d’hôpital normale Après toute l’attention et les soins " intensifs " reçus, la chambre d’hôpital normale peut sembler peu accueillante, au début. Ton papa devra peut-être rester sans compagnie pendant de longues heures. C’est là que tu peux l’aider en lui rendant régulièrement visite. Tu pourrais même l’aider dans les gestes de tous les jours, comme au moment des repas par exemple, en le nourrissant, ou en l’aidant à se laver et à se raser. N’aie pas peur de demander aux infirmières si tu peux les aider à faire quelque chose pour ton pap. D’habitude, elles te laisseront les regarder pendant qu’elles travaillent, car c’est aussi un bon moyen d’apprendre à faire les choses correctement.
Si l’idée d’apporter une aide pratique ne te séduit pas, il y a d’autres choses à faire à l’occasion de tes visites. Pourquoi ne pas faire de simples mots fléchés avec ton papa ou regarder la télévision avec lui ? Il ne faut pas croire que tu DOIS faire quelque chose ou même que tu dois te montrer gai, lorsque tu lui rends visite. D’autres occasions ne manqueront pas de lui montrer ton affection. Il vaut mieux ne pas te forcer à faire une chose pour laquelle tu ne te sens pas encore prêt.
Certaines personnes trouvent les visites dans les hôpitaux très ennuyeuses et lassantes. D’abord, les hôpitaux sont souvent des endroits excessivement chauffés et l’on peut y ressentir une certaine fatigue ou avoir envie de dormir. Par ailleurs, le fait de t’inquiéter pour quelqu’un peut avoir un effet déprimant ou perturbant. Il faut également penser à emporter un livre ou un magazine pour t’occuper en attendant de pouvoir le voir ou pendant qu’il dort. Des jeux, des puzzles ou un balladeur sont autant d’objets qui sont les bienvenus, en ces occasions. Parfois, il se peut aussi que tu doives attendre ton papa à l’extérieur de sa chambre ou d’un autre service, s’il subit un examen ou une thérapie quelconque. |
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Les visites à la maison Rapidement, après avoir quitté le service des soins intensifs, les infirmières et les médecins vous proposeront sans doute de l’emmener à la maison pour une journée. C’est une heureuse nouvelle, mais la première visite à la maison peut être une expérience difficile. Tout le monde est content de voir ton papa de retour à la maison, mais cela peut être également inquiétant, car il ne pourra pas toujours faire toutes les choses qu’il faisait d’habitude avant l’accident. C’est là, peut-être que tu te rendras compte des problèmes quotidiens que connaîtra ton papa, lorsqu’il sera définitivement à la maison/ Des choses aussi simples qu’aller aux toilettes, entrer ou sortir de la baignoire ou manger un repas peuvent prendre davantage de temps que prévu. Tout semble plus étrange qu’à l’hôpital, où tout est conçu spécialement pour des personnes souffrant de handicaps.
Une ergothérapeute se déplaçant à domicile viendra probablement vérifier que votre maison dispose , par exemple, d’une rampe d’escalier ou de toilettes au rez-de-chaussée, dans le cas d’une maison sur plusieurs étages et d’autres aspects pratiques. Si ton papa est en fauteuil roulant, et que la maison a plusieurs marches menant à la porte d’entrée, il faudra faire quelques modifications.
La vie normale peut s’avérer très fatigante et éprouvante, pour quelqu’un qui est encore mal portant. S’efforcer de se réadapter à la vie normale demande de grands efforts, même s’il s’agit d’une simple visite d’un jour. N’énerves pas ton père et essaie de rester aussi calme et détendu que tu le peux. Le calme et la paix sont sûrement les choses qui lui feront le plus plaisir à l’occasion de ses premières visites, plutôt qu’un flot de visiteurs. Ce n’est donc manifestement PAS le bon moment pour inviter les amis à une petite réunion. Personne n’est encore prêt pour ce moment-là, et certainement pas ton papa. |
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La rééducation Tôt ou tard, tu entendras quelqu’un parler de rééducation. Commencer la rééducation signifie que l’on va entreprendre un traitement pour rétablir l’usage d’un membre ou d’une fonction. Dans le cas d’un traumatisme crânien, il s’agit d’entraîner le cerveau endommagé à s’adapter à ses nouvelles limites. C’est un processus immensément complexe. Dans la plupart des régions, il existe des équipes médicales et du personnel soignant spécialement formés pour cette forme de rééducation. Il se peut toutefois qu’un centre approprié en la circonstance ne se trouve pas près de chez vous. Quand ton papa débutera la rééducation, il sera examiné, afin que l’on découvre quel est le genre de soutien dont il a besoin. Un programme quotidien sera défini pour lui, comprenant habituellement des séances de kinésithérapie, d’ergothérapie et neuropsychologie. Il se peut que tu trouves certains patients du centre de rééducation plutôt bizarres, au début. Certaines personnes victimes d’un traumatisme crânien peuvent être très agitées et faire beaucoup de bruit suite à leur traumatisme ; essaie de t’habituer à ces visions et bruits étranges et concentre-toi sur ton père. |
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Comment fonctionne la rééducation ? La rééducation consiste à entraîner et à réapprendre certaines aptitudes pendant de longues périodes. Si l’un des problèmes se situe au niveau de la marche et de l’équilibre, le kinésithérapeute va mettre au point une série de mouvements et d’exercices qui aideront ton papa à retrouver ses capacités liées à la marche et à l’équilibre. En répétant certains mouvements encore et encore, une autre partie du cerveau peut apprendre à faire le travail qu’assumait précédemment une partie endommagée du cerveau.
Cette période peut être chargée de déceptions pour toute la famille. Ce qui était si facile pour le papa " d’avant " devient aussi difficile que l’escalade du Mont Blanc. Si tu as la possibilité d’assister à une séance de kinésithérapie, tu devrais le faire. Si ton papa ne veut pas que tu y ailles (il se peut qu’il n’ait pas envie de te voir assister à sa lutte pour retrouver ses anciennes capacités), tu peux tout aussi bien lui demander comment cela se passe et s’il fait des progrès. Il a besoin de ton encouragement.
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Mon papa a changé, j’ai l’impression de ne plus le connaître Chaque personne qui subit un traumatisme crânien change, même si ce n’est qu’un peu. Un traumatisme crânien affecte les émotions et l’humeur presque plus que toute autre maladie. Après tout ce qui s’est passé dans son cerveau, ton papa ne se sentira peut-être plus aussi confiant qu’avant. Surtout s’il a dû rester dans un fauteuil roulant pendant quelques temps ou s’il ne peut plus marcher correctement depuis son accident. S’il s’aperçoit qu’il n’arrive plus à se souvenir de quelque chose aussi facilement qu’auparavant, il sera peut-être troublé ou fâché.
Son comportement te semblera peut-être étrange. Il se déplacera peut-être beaucoup plus lentement qu’avant son accident ou il réagira différemment. De temps en temps, il te mettra en colère ou te fera sentir embarrassé. C’est sans doute l’épreuve la plus difficile que traversera la famille.
A ce stade, ta famille aura peut-être besoin des conseils d’un psychologue. Ce ou cette psychologue t’encouragera à parler ouvertement de ce que tu ressens à l’égard de ton père et pourra te donner quelques conseils en attendant que ton père se soit réhabitué à la vie de famille.
Quoiqu’il arrive, tu devrais t’efforcer de ne pas étouffer ton embarras ou ta colère face à son comportement. Sois franc et dis lui ce que tu ressens. A la longue, cela ne peut pas faire de mal et, même si cela ne changera pas l’attitude de ton papa, cela peut faire une différence pour toi. Est-ce que tu sais ce qu’est une soupape de sécurité ? Eh bien, ta soupape à toi, c’est ta langue. Tu peux l’utiliser et exploser, si c’est ce dont tu as envie. Avec le temps, et, si nécessaire avec l’aide d’un ou d’une psychologue, vous trouverez tous la façon d’affronter les problèmes de ton père. Mais, au début, essaie d’exprimer ce que tu as sur le cœur.
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Il me met dans l’embarras Il est normal de te sentir embarrassé à cause de ton papa, et cela pour bon nombre de raisons. Il peut arriver qu’il ait encore des accès d’incontinence (faire pipi dans son pantalon) ou paraître un peu bizarre à tes amis. Avec le temps, tu apprendras certainement à protéger tes sentiments. Mais au début, cela sera forcément difficile. Si tu te rends compte que cela te dérange quand les gens regardent ton père et toi avec insistance, mets-toi à les fixer à ton tour. Ils comprendront qu’ils se montrent peu malins et ils cesseront alors de vous regarder ou t’adresseront un sourire de sympathie. Le fait que certaines personnes se montrent curieuses est une réaction normale. Elles se rendent compte que quelque chose n’est pas normal et, avant de pouvoir comprendre ce dont il s’agit, se retrouvent la bouche ouverte, le regard ébahi. Cela peut sembler maladroit et manquer de gentillesse pour celui qui se sent observé, mais c’est là au fond parfaitement humain. Cela peut sembler irrespectueux, mais nous avons tous fait la même chose, à un moment ou à un autre de notre vie. |
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Que puis-je faire pour lui venir en aide ?
Tout d’abord, ne te sens pas coupable de ne rien faire du tout. Tu ne devrais pas être exigeant envers toi-même, ni envers aucun membre de la famille. Vous allez tous réagir différemment, selon toute probabilité. Tes frères et sœurs pourraient sembler plus endurcis que toi, mais en leur fort intérieur, ils sont sûrement aussi tristes et perturbés que toi.
La chose la plus difficile est d’accepter le fait que ton papa est différent. Essaie de reléguer ton " ancien " papa au second plan, dans ta tête. Rappeler aux autres - et à toi-même – comme il jouait bien au football ou réparait bien les vélos peut être charmant pendant quelques temps, mais continuer indéfiniment à chercher une personne qui n’est plus là ne va pas aider qui que ce soit. Cela pourrait même le rendre triste, s’il s’aperçoit que tu penses sans cesse à la personne qu’il ne peut plus être. La meilleure chose à faire aussi bien pour toi que pour lui est de vous fixer des buts et objectifs réalistes. Au lieu de jouer au ballon avec lui, tu peux essayer d’aller nager avec lui par exemple.
Le conseil le plus important, qu’il ne faut pas oublier, est que tu dois continuer à mener une vie normale, autant que possible. Continue à travailler à l’école, passe du temps avec tes amis, continue à faire du roller, du cheval, du vélo ou ce que tu fais d’habitude. N’essaie pas de charger sur toi tout le fardeau à la maison. Fais toujours attention à laisser de l’espace pour ta propre personne et essaie de te confier à tous ceux qui sont prêts à t’aider en dehors de la famille.
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Pourquoi dois-je affronter une telle épreuve ? Il n’y a aucune raison qui puisse expliquer pourquoi toi et ta famille avez été frappés par ce bouleversement, alors cela ne sert à rien de te torturer les méninges pour trouver une raison. La plupart des accidents sont le résultat du hasard et peuvent arriver à n’importe qui , en l’espace d’une seconde. " Pourquoi nous ? " est la question la plus naturelle du monde à te poser, en particulier alors que tu sais que tes parents sont de braves personnes et qu’ils n’ont jamais fait de mal à quiconque. Il peut sembler injuste que d’autres familles ne semblent avoir aucun problème par rapport aux difficulté que connaît ta famille. Jusqu’à ce que tu acceptes que les choses sont comme elles sont et pas autrement, il te sera difficile de ne pas te sentir amer et furieux. N’hésites pas à demander de l’aide à ton médecin si c’est nécessaire. Faire face à des sentiments de cette ampleur peut prendre très longtemps et cette brochure ne remplacera pas l’assistance que peuvent t’offrir des professionnels. Continuer à vivre est ce que tu as de mieux à faire. Cela t’aidera à comprendre qu’il y a beaucoup de choses dans l’existence qui valent la peine d’être vécues et cela facilitera tes rapports avec les autres.
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La vie familiale
Au niveau pratique et du point de vue affectif Que ce soit ta mère ou ton père qui ait été victime d’un traumatisme crânien, tu trouveras probablement que la vie en famille n’est plus comme avant. Que peu-tu faire pour aider ta famille à surmonter ces nouvelles difficultés ? Essaie de te charger de quelques tâches ménagères. Est-ce que tu es capable de cuisiner un peu ou de passer l’aspirateur ? Ou encore, tu pourrais faire les courses une fois par semaine ou planifier les repas pour quelques jours. Ce sont des petits détails mais qui peuvent contribuer à faciliter la vie de tous les jours. Quoi d’autre ? La chose la plus importante est le soutien affectif. Que dirais-tu d’embrasser ta maman avant d’aller au lit ? De lui dire que tu l’aimes et de parler de ton papa avec elle ? Parfois, il est difficile de trouver les mots, mais tu peux essayer. Cela peut lui donner exactement le genre d’encouragement dont elle a besoin pour aller de l’avant. Souviens-toi qu’elle doit s’occuper de son travail, de toi et rendre visite à ton père, s’il est encore à l’hôpital. Alors, essaie, toi aussi, de lui donner du courage ! |
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