UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE FAMILLES DE TRAUMATISES CRANIENS - U.N.A.F.T.C.
32, rue de la Colonie, 75013 PARIS
Tel: 01.53.80.66.03 - Fax : 01.53.80.66.04 - Contact
accès direct à la page de votre AFTC:
 
BROCHURES HEADWAY - INTRODUCTION
 
Une information claire à disposition des familles :
les brochures HEADWAY.

Fondée il y a une vingtaine d'année, cette association nationale Anglaise a pour but d'apporter aide, services et informations aux traumatisés crâniens, à leurs familles et à tous ceux qui ont des soins à leur prodiguer. 

Vous trouverez ici les traductions de brochures créées par HEADWAY :

 
 
RELATIONS PERSONNELLES ET SEXUELLES APRES UN TRAUMATISME CRANIEN

  1. Introduction

  2. Pourquoi des problèmes peuvent-ils apparaître ?

  3. Les problèmes les plus courants

  4. La pulsion sexuelle

  5. Les effets des médicaments sur la sexualité

  6. Modification de la personnalité

  7. Comportement inapproprié en société

  8. Caractère permanent des changements

  9. Les effets sur les relations

  10. Que peut-on faire d’autre ?

Cette brochure a été traduite de l’anglais avec l’aimable autorisation
de Headway National Head Injuries Association, Nottingham, Royaume Uni.

INTRODUCTION

Il peut être rassurant de savoir que vous n’êtes pas seul (e) à connaître certains problèmes, qui peuvent sembler étranges et uniques au premier abord, mais qui s'expliquent par des facteurs physiques et psychologiques. En soulignant les diverses difficultés qui pourraient apparaître, il se peut que cette brochure ait un effet négatif ou déprimant, mais des solutions existent, qui sont efficaces. Celles-ci sont pour la plupart d’ordre individuel et varient d’une personne à l’autre ; elles doivent donc être élaborées sur la base des expériences faites et du constat des erreurs commises.

Malheureusement, il est plus facile de dresser une liste des difficultés que d’avancer des solutions éventuelles. Avant tout, nous conseillons à ceux d’entre vous qui rencontrent certaines des difficultés évoquées, d’en parler et de trouver quelqu’un susceptible de vous aider.

Vous pouvez commencer par en parler à votre médecin traitant, ou à l’un des spécialistes de la réadaptation que vous connaissez. D’autre part, vous pouvez vous adresser à un centre de Planning familial, à un centre médico-social ou aux assistantes sociales qui vous dirigeront vers des spécialistes ou des services plus compétents pour traiter de problèmes découlant de handicaps, l’aide aux personnes handicapées en matière de sexualité n’est pas encore très développée en France et risque de varier d’une région à l’autre.

Les associations de familles et proches de traumatisés crâniens seront également à même de vous conseiller et de vous aider

.Retour en haut de la page...


POURQUOI DES PROBLEMES PEUVENT-ILS APPARAITRE ?

A chaque fois que l’on se penche sur des problèmes sexuels, il est important de tenir compte des expériences précédentes, de l’âge auquel le traumatisme crânien a eu lieu, et, dans le cas d’une personne jeune, dans quelle mesure cette dernière avait déjà investigué sa propre identité sexuelle. Les problèmes seront différents si l’accident a eu lieu au cours de la petite enfance ou au début de l’adolescence, pendant le mariage ou au cours d’une relation à long terme ou encore parallèlement à l’établissement des premières relations sexuelles.

Mais chaque personne qui a subi un traumatisme crânien ne connaîtra pas forcément des problèmes sexuels. Plus le traumatisme est grave et plus grande sera la probabilité de voir des problèmes apparaître, bien que nombre d’exceptions échappent à cette règle. Certains problèmes peuvent être d’origine physique, d’autres peuvent découler de changements psychologiques ou de la personnalité. Les relations sont mises à rude épreuve et les proches comme les partenaires peuvent avoir de grandes difficultés à comprendre et à accepter ce qui s’est passé. Une perte de confiance d’un côté comme de l’autre peut également affecter de façon radicale aussi bien le maintien d’une relation heureuse que la capacité d’accomplir une performance physique mutuellement satisfaisante.

Cette brochure ne saurait traiter de toutes les conséquences sexuelles d’un traumatisme crânien, mais elle se propose d’évoquer les problèmes les plus courants.

.Retour en haut de la page...


LES PROBLEMES LES PLUS COURANTS

(Beaucoup de ces problèmes apparaissent également après un accident de la moelle épinière)

Chez les hommes

  • Difficulté à avoir une érection
  • Incapacité d’atteindre l’orgasme
  • éjaculation précoce ou satisfaction trop rapide
  • atteinte d’un orgasme réduit en intensité

Lorsqu’un homme se sent sexuellement excité (qu’il soit en train d’avoir des pensées sexuellement stimulantes ou qu’il soit caressé de manière excitante), des signaux sont envoyés par le cerveau le long de la moelle épinière jusqu’au pénis pour que ce dernier entre en érection. Si le cerveau est gravement lésé, le signal peut être erroné ou ne pas être envoyé du tout. L’homme victime d’un traumatisme crânien peut donc connaître des difficultés à avoir une érection ou à maintenir son pénis en érection, ou encore ne pas avoir d’érection du tout, bien qu’il se sente excité. Il est évident que de tels phénomènes peuvent générer une certaine hostilité, mais surtout un sentiment de frustration et d’insuffisance.

Parallèlement aux lésions que peut avoir subi le cerveau, il existe d’autres raisons pour lesquelles un homme pourrait rencontrer des difficultés à obtenir une érection ou à la prolonger, suite à un traumatisme crânien. Plusieurs types de médicaments pouvant être prescrits seraient à l’origine de difficultés liées à l’érection ; parmi ceux-ci les anti-convulsivants, les agents antispasmodiques, les antidépresseurs et les anti-hypertenseurs.

Les problèmes psychologiques peuvent jouer un grand rôle, et la perte de confiance en soi peut également affecter les performances physiques. L’angoisse éprouvée devant les difficultés à obtenir et maintenir une érection peut encore les aggraver et masquer l’amélioration générale du fonctionnement cérébral. La dépression peut diminuer d’une part, l’envie de relations sexuelles et d’autre part, la capacité d’obtenir et de prolonger une érection. Si de telles difficultés apparaissent après un traumatisme crânien très léger, l’explication en est sans doute entièrement psychologique, relevant, en d’autres termes, des domaines émotionnel et cognitif et n’est donc pas d’ordre physique.

Une atteinte cérébrale peut également engendrer une difficulté à atteindre l’orgasme ou modifier la façon dont l’orgasme est vécu. Souvent, l’orgasme est moins intense. L’éjaculation précoce peut également être un problème.

Les femmes

  • Difficultés à atteindre l’orgasme,
  • Avoir un orgasme, mais sans éprouver beaucoup de sensations,
  • Sécheresse vaginale rendant les rapports douloureux
  • Règles irrégulières ou interruption totale des règles, provoquant angoisse et incertitude

Des difficultés à atteindre l’orgasme peuvent intervenir pour d’autres raisons qu’une lésion cérébrale. Comme pour les hommes, les médicaments prescrits peuvent entraver la capacité d’atteindre un orgasme. L’angoisse comme la dépression peuvent réduire le désir sexuel, ainsi que la capacité d’atteindre un orgasme complet. Une lubrification vaginale insuffisante peut également découler d’une atteinte cérébrale, rendant les rapports douloureux et inhibant pour l'un ou l'autre des partenaires.

Hommes et femmes

  • handicap physique rendant les rapports difficiles
  • sensation réduite ou désagréable, telle que fourmillements, sensibilité désagréable ou douleur
  • perte de l’usage des mains, rendant les préliminaires et la masturbation difficile
  • problèmes liés à la parole, qui rendent difficile l’expression des désirs sexuels
  • incontinence pouvant provoquer l’embarras, la peur ou le dégoût. La personne blessée comme son partenaire peuvent être inhibés par la peur de l’incontinence,
  • fatigue, diminution de la vigueur physique et intellectuelle, pouvant réduire le désir sexuel,
  • pulsion sexuelle réduite.

La personne qui a subi un traumatisme crânien peut souffrir d’un handicap dû à une lésion au cerveau, à la moelle épinière ou aux membres. Même si le fonctionnement des organes sexuels n’est pas directement affecté, de tels handicaps peuvent rendre les rapports difficiles, étant donné qu’ils limitent les mouvements et la possibilité de se mettre dans une position confortable. La perte ou la diminution des sensations, tout comme la douleur, peuvent contribuer aux difficultés ou affecter les organes sexuels eux-mêmes, aggravant le problème. La masturbation peut également se révéler difficile, voire impossible, si les deux mains sont blessées ou paralysées, et lors des rapports, ce type de handicap peut sérieusement perturber le déroulement des préliminaires. De même qu’ils affectent les rapports et la masturbation, certains handicaps physiques graves peuvent encore rendre impossible maintes façons plus générales d’exprimer le désir et l’affection, comme les étreintes, les caresses ou le simple faite de se donner la main.

Des problèmes liés à la parole apparaissent souvent suite à un traumatisme crânien. Une mauvaise articulation rendant le discours de la personne difficile à comprendre est le problème le plus courant. L’expression peut sembler monocorde et il est alors peu aisé de transmettre ses émotions. Des traumatismes graves peuvent en outre altérer l’usage ou la compréhension du langage. En conséquence, la capacité d’exprimer ses désirs sexuels, tout comme ses sentiments, peut être très réduite. On néglige souvent l’importance de cet aspect des relations amoureuses.

L’incontinence est une autre grave conséquence possible des traumatismes crâniens plus graves. Si l’incontinence n’exclut pas les rapports sexuels, elle a souvent un caractère inhibant aussi bien sur la personne blessée que sur son partenaire, à cause de son caractère imprévisible. Ce risque peut être prévenu en veillant à ce que la vessie ou l’intestin –selon la nature de l’incontinence - soit vidé avant le début du rapport. Mais, même dans ces conditions, nombreuses sont les personnes souffrant d’incontinence et les partenaires qui se sentent embarrassés ou dégoûtés par ce dysfonctionnement et tendent à éviter tout rapport.

La fatigue et une vigueur physique et intellectuelle réduites sont des conséquences courantes des traumatismes crâniens, notamment au cours des premiers mois de convalescence. Ce genre de problèmes a tendance à apparaître juste après le réveil ou en fin de journée ; on peut ainsi les éviter en choisissant les moments des rapports sexuel en conséquence. Le partenaire qu prend soin de son compagnon peut également se sentir fatigué, et pour cette simple raison éprouver une diminution du désir sexuel.

.Retour en haut de la page...

LA PULSION SEXUELLE

Suite à un traumatisme crânien, le désir sexuel (la libido) peut augmenter ou diminuer. Ce changement peut dépendre de la localisation et l’étendue des lésions subies par le cerveau, mais il résulte plus souvent de facteurs d’une autre nature, et en particulier d’une diminution de la pulsion sexuelle. Beaucoup de personnes en cours de rétablissement après un traumatisme crânien enregistrent une perte d’intérêt pour la vie en général et continuent à espérer que les choses reviendront exactement telles qu’elles étaient avant l’accident. L’angoisse, la dépression, la gêne, la fatigue, la douleur et la perte de sensations sont autant de facteurs de réduction potentielle de la pulsion sexuelle. Par peur d’une remise en question de sa propre féminité ou virilité, ou par crainte d’un rejet de la part de son partenaire, la personne qui a subi un traumatisme crânien peut être poussée à éviter les expériences de type sexuel. Ce phénomène peut également avoir le résultat inverse et déterminer la personne à affirmer ses capacités. Il arrive malheureusement que le désir sexuel, à lui seul, ne suffise pas pour surmonter les problèmes physiques, cependant il existe beaucoup d’autres façons d’exprimer son amour et son affection.

.Retour en haut de la page...

LES EFFETS DES MEDICAMENTS SUR LA SEXUALITE

Certains médicaments peuvent réduire l’envie d’avoir des rapports sexuels et affecter la capacité d’atteindre une érection. N’interrompez pas la prise de médicaments de votre propre chef, mais si vous craignez que ces derniers aient des effets secondaires, parlez-en avec votre médecin. Il vous comprendra, c’est pourquoi vous ne devez pas vous sentir embarrassé par cette question.

Parmi les médicaments susceptibles d’affecter les sentiments et le désir sexuel, on trouve les anti-convulsivants (antiépileptiques), les agents antispasmodiques, les antidépresseurs et les anti-hypertenseurs.

.Retour en haut de la page...

MODIFICATIONS DE LA PERSONNALITE

La personnalité d’une personne peut changer de nombreuses manières après un traumatisme crânien. Il se peut que la personne concernée ne s’en aperçoive pas elle-même, ce qui peut être très troublant pour le partenaire ou partenaire potentiel. Les changements les plus courants sont :

  • une irritabilité accrue, l’impatience et la mauvaise humeur,
  • un comportement plus apathique, introverti et égocentrique,
  • une perte de motivation et le fait de se satisfaire en apparence de l’inactivité,
  • une capacité réduite à supporter les pressions : physiques, mentales ou émotionnelles,
  • un manque de confiance en soi,
  • le manque de tact, l’impulsivité, un comportement inapproprié en société,
Certaines personnes ne seront affectées par aucun de ces problèmes, ou ne seront affectées que par certains d’entre eux, tandis que d’autres en connaîtront plusieurs à la fois.

Les partenaires ont souvent des difficultés à s’adapter aux changements de personnalité : " il/elle n’est plus la personne que j’ai épousée ". Les rôles pourraient bien être redistribués. Par ailleurs, être en même temps celui ou celle qui prend soin de la personne blessée et son partenaire sexuel peut s’avérer extrêmement difficile et stressant.

Certaines personnes ayant subi un traumatisme crânien deviennent émotionnellement immatures et fortement dépendantes de leur partenaire, rivalisant parfois avec leurs propres enfants pour obtenir l’affection et l’attention de leur compagnon.

.Retour en haut de la page...

COMPORTEMENT INAPPROPRIE EN SOCIETE

Ce genre de comportement s’apparente à celui de certaines personnes qui ont trop bu. Il se peut que la victime d’un traumatisme crânien se montre très communicative, portée à la plaisanterie, désinvolte et qu’elle s’attarde longuement sur ses propres opinions, écoutant ou tenant rarement compte de l’avis des autres. Un comportement sexuellement déplacé peut être parfois adopté, comme des tentatives pour toucher, embrasser et caresser les personnes du sexe opposé (ou de même sexe, selon les penchants sexuels). Des remarques inappropriées à connotation sexuelle peuvent être faites. Plus rarement, un comportement de totale promiscuité peut être adopté ou la masturbation pratiquée en public. Dans de rares cas, un intérêt anormal pour la pornographie ou des pratiques perverses peut être développé. En présence d’une incapacité à avoir une érection ou s’il est impossible de trouver un partenaire sexuel, un sentiment d’intense frustration et de colère peut en résulter.

.Retour en haut de la page...

CARACTERE PERMANENT DES CHANGEMENTS

Comme pour d’autres conséquences des traumatismes crâniens, des améliorations rapides ont en général lieu au cours des premières semaines et des premiers mois qui suivent l’accident. Si ce type de problèmes persiste au-delà de six à douze mois après le traumatisme, on estime généralement qu’un rétablissement complet est à exclure. Néanmoins, une évolution graduelle et des améliorations continues peuvent se poursuivre au cours des années suivantes. Un nouveau mode de vie s’installe, des relations nouvelles sont faites.

.Retour en haut de la page...

LES EFFETS SUR LES RELATIONS EXISTANTES

La survie d’une relation datant d’avant l’accident dépendra de plusieurs facteurs. C’est probablement la nature et l’ampleur des modifications de la personnalité du traumatisé crânien qui auront la plus grande influence sur le maintien de la relation. Un handicap physique peut être surmonté, on peut s’y adapter et l’accepter, avec l’affection, la complicité, le dialogue et l’humour qui caractérisaient la relation. Beaucoup dépendra de la force de la relation établie avant l’accident, mais les réactions peuvent être très différentes, selon la personnalité du partenaire, le style de vie adopté, les responsabilités et la capacité purement physique et émotionnelle de faire face.

Nombreux sont ceux qui tiennent avant tout à entretenir une relation durable, indépendamment des épreuves et embûches, alors que d’autres se trouveront limités par des facteurs économiques, physiques et personnels. Pour d’autres encore, il sera impossible de continuer comme auparavant et personne ne devrait leur faire reproche de choisir la voie de la facilité, car en l’occurrence, aucun choix n’est facile.

Ne manquez pas de demander de l’aide si vous avez des doutes à propos de l’origine de certains problèmes, ou si vous éprouvez quelque angoisse ou confusion.

.Retour en haut de la page...

NOUER DE NOUVELLES RELATIONS

Beaucoup de personnes victimes d’un traumatisme crânien pendant l’enfance ou l’adolescence ont des difficultés à nouer des relations d’adulte. Certaines d’entre elles ont du mal à admettre qu’elles souffrent d’un handicap et beaucoup ne désirent pas, au départ ou de façon permanente, se mêler à d’autres personnes handicapées. Les relations sont souvent rompues après un traumatisme crânien et certaines victimes se tournent alors vers de nouveaux partenaires. Un certain nombre d’organismes sont en mesure de favoriser les contacts sociaux de ces personnes. Des vacances en groupe sont par exemple un bon point de départ pour se faire de nouvelles relations.

Quoiqu’il en soit, il existe un certain nombre d’associations et d’organismes offrant services et opportunités de rencontre aux personnes handicapées ainsi qu’à leur famille.

.Retour en haut de la page...

QUE PEUT-ON FAIRE D’AUTRE ?

La possibilité de " soigner " un problème sexuel dépend de la nature même du problème et de sa gravité. Parfois, il n’est pas possible de trouver de traitement susceptible de rétablir les choses comme elles étaient exactement avant l’accident : les soins doivent alors s’orienter vers la recherche de solutions pour contourner le problème ou vers la réduction des sentiments de frustration ou de désarroi liés à ce problème.

Certains problèmes disparaîtront bien sûr d’eux-mêmes, mais s’ils persistent au-delà de 6 à 12 mois, un rétablissement complet paraît alors peu probable. L’assistance qui peut être fournie, dans de tels cas, dépend de la gravité et de la nature du problème, de la présence d’autres handicaps et si la personne est seule ou si une relation est en cours. Pour la personne qui a subi un traumatisme crânien et souhaite avoir des relations sexuelles, l’aide à apporter peut englober une éducation sexuelle, la discussion des craintes et des fantasmes, des conseils pratiques sur les relations sexuelles, la masturbation ou l’incontinence, les méthodes alternatives d’expression sexuelle et l’usage d’un matériel d’assistance, ou encore une information sur les activités à caractère social, des conseils personnalisés, l’apprentissage des usages sociaux et les thérapies conjugales.

Ce n’est pas toujours celui ou celle qui a subi le traumatisme qui demande conseil à propos des problèmes sexuels rencontrés. Souvent, il s’agit du partenaire ou de toute autre personne qui prend soin du blessé, un parent, un travailleur social, une infirmière ou un médecin. Le partenaire sexuel peut, par ailleurs éprouver de l’inquiétude parce qu’il ou elle est embarrassé(e) ou angoissé(e) à l’idée d’avoir des rapports sexuels après le traumatisme ou parce qu’il ne trouve plus son partenaire aussi sexuellement attirant. Ces préoccupations peuvent provoquer frustration et culpabilité, le sentiment de ne pas être à la hauteur. Les conseils pratiques et les consultations, séparément ou en commun, peuvent s’avérer utiles.

Le partenaire sexuel ou celui qui prend soin d’un traumatisé crânien cherche aussi le conseil de spécialistes pour un autre motif : il peut être inquiet ou perturbé par le comportement de la personne blessée, en particulier si cette dernière fait preuve d’agressivité ou de désinhibition. Il peut aussi trouver la vie en commun insupportable, désapprouver son comportement en société ou s’inquiéter que cela puisse amener des ennuis ou que la sécurité et le bien-être d’autrui puissent être menacés. Des consultations et des conseils pratiques peuvent être proposés à la personne soignante, mais la mesure dans laquelle un comportement inapproprié peut être modifié varie d’une personne à l’autre. Les problèmes comportementaux sont souvent accompagnés d’un manque de lucidité et d’intérêt de la part de la personne qui a subi un traumatisme, qui ne voit aucune raison de changer et se montre alors souvent peu coopérative. On peut réaliser qu’il n’existe pas de récompense ou de sanction qui permette d’induire un changement de comportement. Dans ce cas l’aide devrait plutôt être orientée vers la personne qui est en charge et qu’il convient de soutenir, bien qu’un psychologue ou un conseiller expérimenté devrait aussi pouvoir se faire entendre de la personne traumatisée.

Les personnes qui prennent soin de cette dernière (ici, il s’agit fréquemment d’un parent ou d’un membre du personnel soignant travaillant à domicile) peuvent aussi s’adresser à des spécialistes parce qu’ils s’inquiètent de la qualité de la vie sexuelle accessible à la personne blessée, ou parce qu’ils s’aperçoivent de sa frustration sexuelle. L’efficacité des conseils sera, ici encore, fonction de la nature du problème en question. Dans certains cas, le décalage entre les besoins sexuels de la personne blessée et la position de la personne soignante à l’égard de certaines formes de comportement sexuel peut s’avérer conflictuel. Et si les conseillers cherchent généralement à favoriser la pratique d’une activité sexuelle chez les personnes qui ont subi un traumatisme crânien, les moyens dont ils disposent pour y parvenir peuvent être limités par l’attitude de la personne soignante, ainsi que par les limitations physiques et le contexte de la prise en charge.Bien que des conseils puissent être précieux, il n’est pas toujours aisé de savoir à qui s’adresser. Comme cette brochure l’a suggéré, les problèmes sexuels dus à un traumatisme crânien sont nombreux ; aucune profession n’est experte en la matière, et nul ne peut affirmer offrir une solution à chaque problème. En outre, parmi les différentes professions qui s’occupent des conséquences des traumatismes crâniens, le niveau de connaissance ou d’intérêt peut être divergent sur ces problèmes. C’est pourquoi il est souvent nécessaire de se renseigner autour de soi, afin d’identifier la personne la plus accessible au niveau local, qui dispose de l’expérience pertinente et est capable de proposer soit ses propres conseils, soit de recommander l’assistance spécialisée requise.
Tous droits reserves - 2005 - unaftc